Hommage à Amos Elegbè : Fred HOUENOU salue la mémoire d’un mentor et d’un grand homme d’État
Une tribune empreinte d’émotion et de reconnaissance. L’homme politique et ancien responsable du RNJB, Fred Adriano HOUENOU, rend hommage à Amos Elegbè, disparu ce jeudi 8 Mai. Il y évoque la sagesse, la vision politique et la profonde humanité d’un homme qui a marqué des générations entières.
« Être vivant jusqu’à la mort. » C’est en reprenant cette citation de Paul Ricœur que Fred Adriano HOUENOU a choisi de saluer la mémoire d’Amos Elegbè. Dans une tribune sobre, mais dense, l’ancien leader du Rassemblement National des Jeunes du Bénin (RNJB) revient sur l’héritage moral et politique de ce doyen du paysage politique béninois, disparu.
Fred HOUENOU, qui l’a côtoyé de près dès 2005 alors qu’il faisait ses premiers pas dans la vie publique, évoque un homme animé par une philosophie singulière du vieillissement et de l’engagement. Pour Amos Elegbè, la vieillesse ne devait jamais être synonyme d’ennui ou de résignation. « La réplique contre l’ennui, disait-il, c’est d’être attentif à tout ce qui arrive de nouveau. » Une devise que le doyen aura appliquée tout au long de sa vie, en s’impliquant sans relâche dans la vie publique.
Fred HOUENOU souligne avec justesse l’empreinte indélébile laissée par Elegbè sur la scène politique nationale. « Il a pu faire des erreurs, mais qui n’en a pas fait ? Il a pu faire des contents et des mécontents. C’est ainsi ! On ne se frotte pas impunément aux aspérités du pouvoir », écrit-il, en insistant sur la complexité et l’intensité des parcours politiques.
Ce lien entre les deux hommes ne s’est pas limité à des relations de circonstance. Il s’agissait d’une véritable transmission générationnelle. Il se remémore une parole marquante d’Amos Elegbè lors de la crise au sein du RNJB en 2010 : « L’on voit de la flamme dans les yeux des jeunes gens, mais dans l’œil du vieillard, on voit la lumière », citant à la suite Victor Hugo dans Booz endormi. Une phrase révélatrice d’une posture de sage, de guide et de mentor.
Fred HOUENOU pose ainsi les mots d’un hommage sincère et personnel, rappelant combien la politique est faite d’héritages, de passages de témoin, mais aussi de fidélités humaines qui traversent les décennies.
L'intégralité de sa tribune
Comme Paul RICŒUR, le doyen Amos ELEGBE avait un souhait: < Être vivant jusqu'à la mort> le premier disait :< les dangers du grand âge, sont la tristesse et l'ennui> la tristesse ; il est vrai n'est pas maîtrisable, mais ce qui peut l'être, c'est le consentement à la tristesse. Amos ELEGBE pensait qu'il ne fallait pas céder là-dessus, la réplique contre l'ennui disait il \<c'est d'être attentif à tout ce qui arrive de nouveau>.
Je crois en définitive que cette belle conception qu'il avait de la vie publique pourrait expliquer son enviable longévité dans la vie politique nationale. Il a pû faire tout au long de sa longue et riche carrière, des erreurs, mais qui n'en a pas fait ? Il a pû faire des contents et des mécontents. C'est ainsi ! on ne se frotte pas impunément aux aspérités du pouvoir. Je retiens de l'homme cette phrase qu'il m'a sortie en 2010 au plus fort de la crise du Rassemblement national National des Jeunes du Bénin ( RNJB) < l'on voit de la flamme dans les yeux des jeunes gens mais dans l'oeil du vieillard, on voit la lumière>, Victor Hugo dans " Booz endormi" ajouta t'il.
Aujourd'hui en apprenant son départ pour la maison éternelle, je me rends compte qu'à près Mathieu KEREKEKOU, Ange GANDONOU, Fatioou AKPLOGAN, Kamarou FASSASSI, Karimou RAFIATOU, il est pratiquement le dernier de cette génération là à avoir mentoré le jeune inconnu que j'étais et qui faisait ses premiers pas dans la vie publique de son pays en 2005. Vingt ans après, je crois que la vie politique est faite d'une succession entre naufragés et rescapés.
Que Dieu l'accueille en son hâvre de paix.
Toutes mes condoléances à sa famille.
Fred Adriano HOUENOU.
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