Six ans d'existence du Bloc Républicain : la lettre ouverte de Fred HOUENOU au Président du Parti
Dans un contexte où les clivages politiques et les attentes des citoyens ne cessent de s’intensifier, Fred Adriano HOUENOU, politologue consultant et acteur clé du Bloc Républicain s’affirme comme l’une des voix les plus lucides et engagées de sa génération. Ancien conseiller technique du président de la République et assistant honoraire du premier vice-président de l’Assemblée nationale, il incarne une vision républicaine exigeante, mêlant pragmatisme et responsabilité.
Dans une lettre ouverte adressée au président du Bloc Républicain, cet intellectuel, militant de la 5e circonscription électorale partage une analyse constructive de la situation politique et économique du Bénin à l’aube du sixième anniversaire, du Bloc Républicain. Né de la volonté d’unir les forces progressistes autour d’une vision commune pour le Bénin, le parti a traversé des moments forts, marqués par des victoires, mais aussi par des défis persistants. Dans cet environnement politique, Fred HOUENOU, figure influente du parti, se distingue par une prise de position lucide et audacieuse. Il revient sur les acquis de ces six années, tout en appelant à une introspection nécessaire pour répondre aux attentes des citoyens. Entre la réorganisation des structures de base et la nécessité d’un débat d’idées approfondi, Fred HOUENOU invite ses pairs à recentrer l’action politique du Bloc Républicain sur les valeurs républicaines et sur une vision libérale capable d’assurer l’avenir du Bénin.
L'intégralité de sa lettre ouverte
Cotonou le 10 décembre 2024.
Fred Adriano HOUENOU; politologue consultant sur les questions d'intégration sous régionale. Conseiller technique honoraire du président de la république, Assistant honoraire du premier vice-président de l'Assemblée Nationale, acteur politique, membre du Bloc Républicain, militant dans la 5e circonscription électorale; commune de kpomasse, membre du bureau politique nationale.
A monsieur le président du Bloc Républicain.
Objet : Lettre ouverte
Monsieur le ministre d'État, cher président,
Après le congrès extraordinaire du 9 septembre 2023, après l'atelier de renforcement de capacités en communication politique de nos députés à l'Assemblée nationale; les 9 et 10 mai 2024, après les journées départementales des élus du Bloc Républicain tenues du 12 octobre 2024 au 16 Novembre 2024, nous voilà engagés sur la voie de la restructuration de nos structures de bases.
Je voudrais dire toutes mes félicitations non seulement à vous mais également à tous les camarades qui co-animent à vos côtés le secrétariat exécutif de notre parti.
Mes admirations vont également à l'endroit des respectables membres du bureau exécutif national pour leur implication dans la réussite de chacun de ces événements qui témoignent de la vitalité de notre famille politique.
Je forme le vœu que leur dévouement soit récompensé par des victoires nettes de notre formation politique aux élections législatives, communales et présidentielles de 2026.
Monsieur le président, nous venons d'engager dans un contexte assez particulier de célébration de notre sixième année d'existence, ce week-end notre marche vers la reconquête. Mais me semble t'il, pas, dans le bon ordre.
D'abord le débat sur le fond, sur les idées, sur ce qui structure notre engagement politique doit être à mon avis un préalable à cette restructuration.
Comment peut-il en être autrement dans la situation dans laquelle se trouve notre pays ? Notre pays va mal et nous vivons dans une sorte d'insouciance. Persuadés que l'état peut tout. Que tout finit par s'arranger et que cela pourrait durer éternellement ainsi.
Il n'est plus possible de détourner le regard comme nous l'avons fait si souvent et depuis trop longtemps et à chaque fois bien sûr pour de très bonnes raisons.
Oui monsieur le président, il faudra repenser à l'état providence dans notre pays dont la dépense publique a atteint déjà cette année plus de 2550 milliards et 76% de notre produit intérieur brut.
C'est une situation alarmante que nous devrions me semble t'il prendre au sérieux en tant que grand parti de droite libérale. Surtout dans un contexte où le gouvernement prévoit une progression de nos dépenses publiques de 220 milliards pour le compte de l'année 2025.
Alors comment ne pas être inquiet devant cette excessive attente de nos concitoyens vis à vis de l'état ?
Et pourtant je me refuse à me résigner au déclin annoncé, comme je refuse de céder aux chimères populistes et irresponsables de l'opposition.
Cependant je crois qu'au BR, nous pouvons être le point d'équilibre, nous pouvons être le parti responsable, Celui du pragmatisme qui refuse l'idéologie et le sectarisme, celui qui croit au redressement du Bénin et à son avenir. Nous pouvons être le parti qui appelle à un programme de réformes ambitieuses qui permet d'engager enfin le Bénin sur une pente vertueuse de réduction de la dépense publique.
C'est possible à mes yeux à condition que nous devenions fidèles à nos valeurs et à nos convictions.
Monsieur le président, comment peut on comprendre que nous ayons la dépense publique la plus élevée de notre sous région depuis huit années et que les béninois se plaignent toujours autant de notre action publique ?
Justement parce que les acteurs politiques de la mouvance ne parlent pas aux béninois. Ils se contentent des combinaisons d'appareils et de positions. Ils n'expliquent pas aux béninois les difficultés rencontrées les échecs surmontés et les succès enregistrés dans le processus de reconstruction engagé par le chef de l'état depuis 2016.
Ils n'arrivent pas à faire du Bénin une cause nationale comprise de chaque béninois quelques que soient ses sensibilités et ses convictions. Sommes nous vraiment sortis de la "normo communication" ?
Où sommes-nous si incompétents, incapables d'expliquer, de défendre et convaincre les béninois de la pertinence de nos choix pour le pays ? Pourquoi donc fuyons- nous le plus souvent le débat ?
Et nous républicains n'est ce pas à nous de parler à ces plus de 70% de béninois qui trouvent que la démocratie ne fonctionne plus et nous englobe dans le lot ? Ne sommes nous pas les véritables dépositaires de la démocratie ? N'avons nous pas levé l'étendard de la république ?
N'est-ce pas à nous de parler à ces plus de deux millions de béninois qui n'ont plus confiance dans les partis politiques et qui trouvent que les acteurs politiques ne se préoccupent pas de ce qu'ils pensent et nous englobe dans le lot ?
Pourquoi sommes nous donc aux abonnés absents ? Peut être parce nous ne mettons pas toujours l'homme qu'il faut à la place qu'il faut. Où peut être parce que nous ne récompensons pas toujours l'effort et le mérite.
Oui alors je le dis avec force, combien de temps encore ? Allons-nous nous contenter de notre éternelle deuxième place ?
Maintenant, que penser du climat social, du climat politique, du climat de défiance qui s'installe à tous les étages de la société béninoise ? Je voudrais m'y arrêter quelques instants.
Et bien ! C'est parce que la république est affaiblie, elle est affaiblie par la culture du chacun pour soi et par le refus des républicains de défendre la république.
L'opposition se multiplient les droits sans jamais être interrogée sur le mot devoir qui est pourtant le ciment de nos différences. La république est défiée dans sa laïcité, elle est taraudée par des élans xénophobes, alors qu'importent les origines et les religions, il n'y a qu'une seule chose qui compte : l'amour de notre pays et le respect de ses lois. La fraternité ne tient en réalité que si l'ordre publique est assuré et cela passe par le respect de l'autorité de l'état.
Dans cette situation délétère, la mouvance et l'opposition ont chacune leur part de responsabilité. Mais notre mouvance incarne à la perfection ce mal typiquement béninois où les discours tiennent lieu de décisions et où il suffit d'espérer quelque chose pour la croire se réaliser.
Monsieur le président, la reconstruction de nos structures de base que nous démarrons doit être l'occasion de définir une ligne politique claire pour notre mouvement parce que nos structures sont notre première ligne de contact avec nos populations. Je reste convaincu que la bonne stratégie pour 2026 doit être la clarté et la responsabilité. La clarté est la garantie de notre légitimité à exister. La responsabilité est notre boussole car pour nous seul l'intérêt du Bénin doit guider nos choix.
Notre hésitation intellectuelle a été jusqu'à présent mortifère pour notre parti et notre démocratie. La vie publique a besoin de clarté et les béninois ont besoin de repères.
Notre posture politique n'a fait que servir depuis six ans une opposition en quête de respectabilité qui surfe sur les échecs et les peurs. Elle rêve du grand soir et hystérise la vie politique. Elle va jusqu'à définir par ses propres critères qui est du peuple et qui ne l'est pas. C'est juste inacceptable !
Oui claire et responsable, nous resterons une force libre de nos mouvements et de nos critiques, de nos accords et de nos désaccords, nous resterons une option crédible pour 2026 à cette opposition du coup par coup sans cap, sans méthode et sans vision.
Aussi disons le clairement à nos concitoyens, cette vision de la société béninoise que portent nos autres amis n'est pas la notre, nos différences sont très profondes.
Maintenant restons solides sur nos appuis et soutenons tout ce qui sera utile au redressement du pays dans la clarté et sans compromission.
Monsieur le président, vous l'avez compris, je crois en l'avenir des républicains pourvu que nous fassions preuve d'unité et de cohésion. Unité et cohésion sur les idées mais aussi par nos comportements. Je crois également à la force du maillage national de nos structures décentralisées pour assurer la cohésion dans nos territoires et assurer, je le pense la victoire de notre formation politique au soir des joutes électorales de 2026.
Monsieur le président, je crois que dans notre famille politique, le débat est indispensable meme si la synthèse est une exigence. Nous avons un socle de valeurs communes, cela transparaît dans nos textes. Nous croyons à une économie de marché, à la croissance, à la liberté à la responsabilité, au travail, et à la compétitivité. Il n'y a pas d'autres choix pour le Bénin qu'une société libérale. Nos concitoyens en sont bien conscients, nous sommes les seuls à pouvoir brandir d'une main ferme le flambeau de la continuité.
Mon intime conviction est que nos compatriotes attendent justement que nous nous assumons pour nous faire confiance.
Merci de votre aimable attention, veuillez recevoir je vous prie l'expression de mes militantes salutations.
Fred Adriano HOUENOU

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