Quand le Fâ s'oppose à la République : Fred Houénou recadre le professeur coffi aza ettire la sonnette d'alarme

Dans le paysage politique et culturel béninois, la consultation du To-fa 2025 a suscité de nombreuses réactions, notamment à travers les propos tenus par le professeur Coffi Aza, mettant en avant la prééminence du fa comme pilier de l’identité culturelle et prétendument supérieur à la loi fondamentale du pays. Fred Houénou, acteur politique et défenseur des principes républicains, s’insurge contre ces déclarations qu’il considère comme un grave précédent pour l’identité nationale et la démocratie béninoise. 

Dans sa réplique, Fred Houénou critique ce qu’il perçoit comme une instrumentalisation de la richesse culturelle à des fins politiques et une négation de l’unité républicaine. À travers une démonstration méthodique, il oppose à cette vision une défense rigoureuse des principes de la République, de la laïcité, et du droit, rappelant que l’identité béninoise est le fruit d’un long processus historique et politique, et non l’héritage exclusif d’une région ou d’une pratique culturelle particulière. Il exhorte ainsi à ne pas confondre valorisation des traditions et remise en question des acquis républicains.  Houénou estime que placer le fa au-dessus de la loi fondamentale compromet l'idée même de progrès collectif et nuit à l'unité nationale.










L'intégralité de sa réplique 

Cotonou le 13 janvier 2025.

  Réponse au professeur Coffi AZA sur ses propos tenus en marge de la consultation du To- fa 2025.

    Cher professeur

Après avoir suivi avec une attention soutenue, vos propos lors de votre entretien sur une chaîne de télévision nationale en marge du To- fa 2025, propos dans lesquels, vous semblez insinuer que le fa serait au dessus de notre loi fondamentale parce que relevant de notre identité culturelle et obéissant à des principes dits de la nature et donc qu'il souhaiterait la prolongation du mandat présidentiel en cours,

   Je viens vous dire avec tout le respect du à votre rang que vos propos fondent un précédent grave sur l'identité béninoise et paralysent 

 par la même occasion l'idée même de progrès et d'amélioration de la condition humaine chez nous.

    

Cher professeur,  

 vous ignorez dans vos propos, notre progrès collectif et condamnez notre héritage commun.

    J'y vois une instrumentalisation de notre richesse culturelle pour mieux nier notre communauté nationale au prétexte d'une prétendue valorisation de l'identité de nos religions endogènes et du FA en particulier.

    Je trouve cela consternant pour notre démocratie.

   Il est vrai que notre pays est une terre traversée d'histoires et de géographies rendant chacun libre d'écrire son propre roman national. Mais cet ouvrage ne doit en aucun cas perdre de vue que l'histoire est un bloc. Et l'histoire dont il s'agit ici c'est bien celle du Bénin et non celle du Danhomey.

   La république du Bénin n'est pas une juxtaposition de cultures personnelles, écrivant par elles-mêmes leur propre vérité.

    Et si vous voulez ;  

à mon avis ; la question fondamentale est la suivante: 

   Se sentait-on béninois à Abomey sous le roi Ghezo, le roi Glèlè, le roi Behanzin ? 

 Ou encore ; se disait-on béninois à Parakou sous Bio GUERA ? 

   à Natitingou avec KABA ? 

 Ou même ;

   à Porto Novo sous le roi TOFFA ? 

     En effet notre identité béninoise, n'a jamais relevé d'une géographie évidente. Donc ne peut provenir d'une pratique culturelle en vogue dans une région de notre pays.

      Si identité, il y'a ; c'est bien parce que la vertu de la politique, a su opposer à cette pluralité de cultures, les vertus centralisatrices d'une république forte.

   Contre les féodaux ; l'état ! contre les privilèges de naissance; la loi ! contre les prébendes; le droit ! contre le sectarisme religieux; la laïcité ! 

    Mais aussi par la communion de la langue, et le prix du sang versé et enfin, sous le sceau d'une république démocratique et laïque, l'identité béninoise s'est réalisée pas à pas. 

   Nous sommes donc les héritiers de cette synthèse active que le président kEREKOU appela république populaire du Bénin le 30 novembre 1974. 

    De toutes évidences, le FA malgré sa bienveillante attention ne devrait pas ignorer que la république refuse les verrous et les cadenas philosophiques. Et que dans la république béninoise, il n'y a point de sujets mais tous des citoyens, libres et égaux. Et s'il lui arrivait de l'ignorer, le prête citoyen que vous êtes, devrait le lui rappeler.

   Merci de votre aimable attention.

   Fred HOUENOU .


Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Présidentielle 2026 : Le Prof. Simon-Narcisse TOMETY appelle à un examen moral et démocratique des duos qui aspirent à la compétition

David BIOKOU : l’architecte silencieux derrière la rencontre Yayi – Talon, une leçon de stratégie politique

Djougou sonne le réveil politique : le duo Hounkpè–Hounwanou porté par une dynamique nationale