Entre disparités régionales et quête d'équilibre : l'abbé Eric AGUENOUNON et l'IAJP pour des échanges au profit de la viabilisation des régions défavorisées

Par Justin KOUAVON

Sous les lambris feutrés de l'Institut des Artisans de Justice et de Paix (IAJP), une réalité brutale s'est imposée lors d'une conférence-débat soutenue par Coris Banque. Une réalité qui révèle un Bénin à deux vitesses, où certaines régions s'épanouissent tandis que d'autres semblent abandonnées à leur sort.


Le thème, aussi urgent que complexe, était formulé ainsi : "Pour un développement durable et équilibré : L'urgence de viabiliser les régions défavorisées". Devant une audience attentive, trois panélistes de renom ont pris la parole : Maryse Glèlè Ahanhanzo, experte en gouvernance, Nourou-Dine Saka Salley, juriste aguerri, et Gustave Dépo Sonon, ancien ministre d'État en charge des infrastructures.

Quand le développement exclut...

Maryse Glèlè Ahanhanzo a exposé une vérité crue : une zone défavorisée n'est pas seulement une terre oubliée, c'est un échec collectif. Selon elle, le développement durable repose sur trois piliers indissociables : économie, société et environnement. "Il est nécessaire d'élaborer des critères au niveau national pour qualifier nos zones et suivre les différentes régions, afin que dès que des éléments de défavorisation apparaissent, des mesures soient prises pour éviter de se retrouver dans une situation d'urgence à viabiliser ces zones."

Le défi de la décentralisation

Pour Nourou-Dine Saka Salley, la question ne se limite pas à l'économie ou à l'urbanisme. Il plaide pour une décentralisation renforcée, un transfert véritable des pouvoirs aux autorités locales. "La décentralisation doit être remise au cœur du développement. Il faut ramener le pouvoir à la base." 


D'un ton plus incisif, il dénonce un système où l'accès aux soins de santé reste un privilège. "On doit réaliser qu'aujourd'hui, malgré la construction d'hôpitaux modernes, la majorité de la population peine à y accéder. Il y a huit ans, la dialyse était prise en charge par l'État, ce qui n'est plus le cas aujourd'hui. Beaucoup préfèrent ne pas aller à l'hôpital car ils savent qu'ils ne pourront pas payer les soins."

Gustave Dépo Sonon, en revanche, tempère cette vision critique. Selon lui, les avancées du gouvernement en matière d'infrastructures et de services de base démontrent un effort pour réduire ces inégalités. "Actuellement, le processus en cours permet de dire que le développement est équilibré. Je me suis refusé de me référer à des convenances politiques. J'invite les uns et les autres à consulter les bases de données officielles, pour vérifier les efforts déployés en matière de développement équilibré."

En guise de conclusion, le Père Arnaud Eric Aguénounon, Directeur de l'IAJP, a rappelé que derrière ces discussions techniques se cachent des vies humaines. "Je pourrai dire aux populations, en particulier aux élèves des écoles de Kalalé, Cobli, Banikouara, Tanguiéta et ailleurs, que nous pensons à eux. Leur réalité difficile nous oblige à nous engager." 




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