Soutien présumé à un candidat : Simon-Narcisse Tomety célèbre la sagesse politique de Maître Houngbédji

Dans une tribune fouillée et percutante, l’universitaire Simon-Narcisse Tomety rend hommage à la lucidité de Maître Adrien Houngbédji. Au-delà de l’éloge, il interpelle la classe politique béninoise sur les dérives du pouvoir de l’argent et la nécessité de renouer avec des valeurs républicaines fortes.


Dans un climat politique marqué par la désignation du ministre des Finances Romuald Wadagni comme dauphin du président Patrice Talon, la réflexion de Simon-Narcisse Tomety prend des allures de mise en garde. Sa tribune, « Maître Houngbédji, un sage pas comme les autres », dresse le portrait d’un homme politique qui, au crépuscule de sa carrière, demeure un repère pour toute une génération.

À travers ce texte, Simon-Narcisse Tometi propose une réflexion profonde : gouverner un pays ne saurait se réduire à la capacité de mobiliser des ressources financières. « Mobiliser et gérer l’argent public ne suffisent pas pour gérer un État », écrit-il, rappelant que l’avenir repose sur des idées claires, une vision nationale et une humilité sincère face au pouvoir.

Lire ici l'intégralité de sa Tribune

Maître Houngbédji, un sage pas comme les autres.


Pour gouverner un pays et son Peuple, le minimum est d’exposer clairement les valeurs par lesquelles vous vous engagez pour servir loyalement votre peuple.


Si le mot idéologie vous dérange, dites au moins ce que représente pour vous la devise nationale ou l’idéologie primatiale du Bénin.


J’ai lu les pensées politiques et les projets de société d’Albert Tévoedjrè, de Mathieu Kerekou 2, d’Adrien Houngbédji, de Pascal Koupaki et de Joël Aivo. Je ne connais ni les idées politiques de Patrice Talon ni celles de son dauphin à l’élection présidentielle de 2026. C’est cela la vraie vérité sans hypocrisie que je tiens à révéler.


J’ai constaté que la campagne électorale bat son plein à la télévision nationale et dans les journaux proches de la mouvance en faveur du candidat Wadagni, ministre des finances, mais rien ne se dit sur ce qui l’a motivé à accepter la proposition de dauphinat de son mentor et quel est son projet personnel pour le Bénin et comment il compte se démarquer de son mentor, une fois à la tête de ce pays, surtout quels seront ses premiers actes de gestion à poser? Que fera-t-il de la classe politique affairiste qui change de veste à chaque régime de 1991 à 2025?

Maître Adrien Houngbédji, en homme lucide, a échappé au piège des propagandistes opportunistes et des faux sages qui ont raté l’occasion de démontrer leur sagesse et l’amour de la patrie.

Le pouvoir de l’argent qui affaiblit le pouvoir d’Etat a raté également une proie qui aurait pu être une bonne prise pour le soutien dans la fausseté.

L’octogénaire est vigilant et bien aidé par sa formation de juriste attachée aux droits humains. Maître Adrien Houngbédji est d’une sagesse différente de celle des agitations précoces entendues ces jours-ci.

Maître Houngbédji est un Grand Homme désormais qui a prouvé que la politique est exigeante en pensées politiques, en projets de société, en culture générale du développement humain et en culture politique avec une vie militante éprouvée.

Ce n’est pas un carnet d’adresses à l’international et la capacité de mobilisation de ressources qui font le bon serviteur de son Peuple. Il faut plus que cela. L’homme qui ne vaut que par le pouvoir suprématiste de l’argent ne vaut encore pas grand-chose en politique.

Mobiliser et gérer l’argent public ne suffisent pas pour gérer un État, sinon tous les ministres des finances seraient devenus président de la république.

Le seul qui me vient à l’esprit est monsieur Henri Konan Bédié, ancien ministre des finances et ancien président de la république de Côte d’Ivoire. Tous les ministres des finances qui ont tenté l’aventure présidentielle au Bénin ont échoué. En 2016, c’est un homme d’affaires qui fut victorieux. Il est rentré d’exil et le Peuple lui a fait porter la couronne. Qu’il nous laisse faire nos choix.


A l’Armée et à la Police, nous les encourageons à se démarquer des élections de 2026 en imposant leur ligne éthique car le Général Mathieu Kerekou, de vénéré mémoire de sagesse nous a appris que l’Armée n’appartient qu’à son Peuple et non à un président de la république qu’il qualifie de titre pompeux selon ses propres expressions. C’est alors un test de loyauté à la République et de sagesse envers la Patrie que ce Peuple attend légitimement de Son Armée nationale et de Sa Police républicaine.


Aux institutions civiles de gestion des élections, elles sont toutes partisanes et ont fort à faire pour prouver leur indépendance dans la sagesse et sur tous les plans.


La crise de confiance est réelle entre les Béninois et elles. Inutile qu’on se voile la face. Nous préférons la sagesse institutionnelle à la sénégalaise à la sagesse illisible à l’ivoirienne.

Maître Houngbédji, je vous respecte car le choix d’un ministre des finances qui a fait deux mandats en continu comme un dauphin d’un président en fin de mandat appelle beaucoup de questions.


Au Bénin le seul qui a pratiquement fait presque 9 ans et 7 mois comme ministre des finances de la période révolutionnaire sans chercher à devenir président de la république fut feu Isidore Amoussou, intendant militaire originaire de Grand-Popo département du Mono. Mais à sa retraite, je l’ai vu sur Zémidjan avec beaucoup de questions demeurée sans réponses. Est-ce la loi d’attraction et son effet boomerang qui a agi ou le choix de la simplicité et de l’honnêteté face au pouvoir oppresseur de l’argent ? A chacun son jugement et à Dieu la vraie explication. Tout est éphémère et personne n’a intérêt à se prendre pour l’incontournable. En toute chose, une dose d’humilité avant toute audace.

Le défi électoral sera celui de la fin du pouvoir personnel au Bénin. La révolution électorale est inévitable et sera la seule pour le retour à la paix comme l’élément moteur de production et de développement.

Nous ne voulons plus un rituel électoral ensanglanté. Notre pacte républicain et notre vivre-ensemble ne sont pas basés sur le pouvoir personnel et le pouvoir de l’argent. Nous sommes fatigués des abus de pouvoir.

Simon-Narcisse TOMETY

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