Crise citoyenne au Bénin : Fred HOUENOU et le MRC sonnent l’alarme et appellent à une refondation du lien démocratique

Face à l’abstention massive et à l’affaiblissement du pluralisme, le Mouvement pour la République et la Citoyenneté engage une réflexion stratégique et annonce une feuille de route politique fondée sur la responsabilité, l’écoute citoyenne et l’intérêt général.


Le Mouvement pour la République et la Citoyenneté (MRC) a tenu, récemment, une réunion de son Bureau politique national, dans un contexte marqué par de profondes interrogations sur l’état de la démocratie béninoise. Placée sous le thème « Crise citoyenne, responsabilité politique : le temps de l’action », cette rencontre a réuni les principaux responsables du mouvement autour d’un objectif bien annoncé : analyser sans complaisance la situation politique actuelle et définir une posture responsable à l’approche de l’élection présidentielle.



Les travaux ont été officiellement ouverts par le président du MRC, Fred HOUENOU, dont l’intervention inaugurale a donné le ton d’une réflexion lucide, républicaine et tournée vers l’intérêt supérieur de la Nation. Dès l’entame, le président a posé un diagnostic sans détour : « Depuis 2023, un fait politique majeur s’est installé dans la durée : une abstention électorale massive, stable, presque constante, avoisinant les 65 % du corps électoral. Deux citoyens sur trois choisissent désormais de ne plus participer au rituel fondamental de la démocratie représentative. Ce chiffre, par sa persistance, ne peut plus être analysé comme une anomalie conjoncturelle. Il est devenu un phénomène structurel. », . Il rappelle ainsi que appelant que la démocratie doit s’enraciner dans l’adhésion des citoyens.

Abstention massive : un signal politique fort, pas un simple chiffre

Dans son allocution de cadrage, la secrétaire exécutive nationale du MRC, Rachelle Aïkpé, a précisé les objectifs fondamentaux de la réunion. Il s’agissait notamment d’identifier les causes profondes et les significations politiques de l’abstention massive observée lors des élections législatives et communales du 11 janvier 2026, d’examiner les conséquences d’un parlement dominé par la majorité présidentielle et d’évaluer les risques institutionnels, démocratiques et sociaux qui en découlent.



Selon elle, le Bureau politique devait également « clarifier le rôle, la posture et la responsabilité du MRC dans le contexte actuel, débattre des scénarios possibles à l’approche de la présidentielle et arrêter une feuille de route politique et organisationnelle ». Une approche méthodique qui traduit la volonté du parti de ne pas céder à l’improvisation ni à la surenchère politique.

Cette orientation a trouvé un écho particulier dans l’analyse présentée par Wilfried BOGNON, secrétaire chargé des questions électorales et politiques. Son exposé, structuré et rigoureux a mis en lumière cinq axes majeurs, à commencer par une légitimité électorale affaiblie, marquée par un taux de participation de 36,73 %, révélateur d’un désengagement civique préoccupant.

L’analyse du MRC souligne également la disparition du pluralisme parlementaire, facteur de déséquilibre démocratique, ainsi qu’un paradoxe institutionnel : « un parlement fort face à l’exécutif, mais faible face au peuple ». Une formule qui résume avec justesse la situation actuelle d’une Assemblée nationale dotée de larges prérogatives constitutionnelles, mais dont l’ancrage populaire demeure fragile.

À cela s’ajoutent des limites en matière de représentation sociologique et un signal d’alerte clair pour l’avenir démocratique. Pour le MRC, la 10ᵉ législature ouvre une séquence paradoxale où l’enjeu majeur ne sera pas seulement de gouverner, mais surtout de réconcilier la démocratie avec le citoyen, en restaurant la confiance, le pluralisme et le sens du vote.

Fred HOUENOU : une parole politique de responsabilité et de vérité

C’est dans ce contexte que la parole du président Fred HOUENOU s’est distinguée par sa profondeur et sa hauteur républicaine. Refusant toute posture de dénigrement systématique, il a tenu à reconnaître que le gouvernement finissant a globalement bien géré le pouvoir, saluant les réformes structurelles, les infrastructures modernes et les avancées institutionnelles.

Mais dans le même souffle, il a posé un constat essentiel. Celui d’une fragilisation du lien social et d’une défiance croissante des populations vis-à-vis de la classe politique. « L’abstention porte les gènes d’une crise que personne ne peut gérer », a-t-il averti, soulignant que le silence des urnes est une parole citoyenne lourde de sens.

Pour Fred HOUENOU, l’abstention massive n’est ni anodine ni conjoncturelle. Elle est l’expression d’un malaise démocratique profond, dont les implications touchent la cohésion nationale, la vitalité démocratique et la confiance dans les institutions. À ses yeux, la présidentielle à venir constitue un moment de vérité pour le pays, une échéance décisive qui appelle sérieux, cohérence et sens élevé de l’intérêt général.

Construire une alternative républicaine crédible

Intervenant sur la question de l’alternative politique, Benjamin Amoussou, secrétaire à la diaspora et aux numériques, a affirmé avec conviction qu’« une alternative est possible ». Mais une alternative qui ne se réduit pas à la conquête du pouvoir. Pour le MRC, il s’agit avant tout d’une alternative de sens, fondée sur la réhabilitation du vote, la restauration de la confiance et la réconciliation entre liberté, justice et efficacité publique.

Cette alternative, a-t-il insisté, doit être enracinée dans la réalité sociale des Béninois et s’inscrire dans une démarche responsable et républicaine, refusant toute forme de violence verbale ou symbolique. Une ligne politique qui rejoint la vision défendue par Fred HOUENOU.

Débats internes et décisions structurantes

La réunion du Bureau politique a également été marquée par un moment de débats approfondis autour de la thématique centrale. Ces échanges francs et responsables ont permis de confronter les analyses, d’affiner les positions et de dégager un consensus sur les orientations à adopter.

À l’issue de ces travaux, Romuald AMADJI, secrétaire national à l’organisation et à la mobilisation, a procédé à la lecture de la résolution politique et des décisions retenues. Le MRC a ainsi décidé de faire de la réhabilitation du sens du vote et de la participation citoyenne un axe central de son action politique pour l’année 2026 et au-delà.

Le parti entend également engager une dynamique nationale d’écoute, de proximité et de dialogue citoyen, afin de comprendre les causes profondes du désengagement civique et d’y apporter des réponses politiques crédibles. La clarification idéologique et programmatique du MRC sera renforcée, en réaffirmant une alternative républicaine fondée sur la responsabilité, la justice sociale et la cohérence institutionnelle.

Selon les résolutions, le MRC a également décidé de préparer, de manière rigoureuse et responsable, sa contribution à l’échéance présidentielle, dans le respect des principes démocratiques et de l’intérêt supérieur de la Nation. Les instances compétentes ont été chargées d’élaborer une feuille de route politique et organisationnelle, traduisant ces orientations en actions concrètes.

À travers cette réunion, le MRC, sous l’impulsion de Fred HOUENOU, affirme une posture politique de responsabilité républicaine. Une démarche qui place le citoyen au cœur du projet politique et fait de la démocratie non pas un acquis figé, mais un chantier permanent à consolider.

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