Fred HOUENOU décortique l’acte de Michel Sodjinou : un cri pour une démocratie authentique

Face à l’opacité des partis et à l’imposition de candidature, Michel SODJINOU signe un acte politique courageux. Fred HOUENOU éclaire ce geste comme une dénonciation nécessaire pour une démocratie interne authentique.

« Refuser l’imposition d’un candidat, c’est défendre la transparence et l’éthique en politique », souligne Fred HOUENOU. Pour lui, Sodjinou, à l’instar de Zola, illustre que la conscience individuelle peut éveiller la collectivité. Ce geste dépasse la dissidence pour devenir un appel à repenser la démocratie au sein des partis. Fred HOUENOU y voit la philosophie politique d’un engagement réfléchi, au service de la justice et de l’avenir du Bénin.

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Tribune : "L'Acte de Michel Sodjinou : Une Dénonciation Nécessaire pour une Démocratie Politique Authentique"


L'histoire nous enseigne que, parfois, l'acte de résistance individuelle est le seul moyen d'éveiller la conscience collective. Il y a plus d'un siècle, Émile Zola, dans sa lettre J'accuse, dénonçait l'injustice d'un procès bâclé et d'un système corrompu, au détriment de la vérité et de la justice. Aujourd'hui, un acte similaire, bien que différent dans sa forme, mais fondamentalement similaire dans son objectif, se déroule dans le paysage politique béninois. Il s'agit de l’acte courageux du député Michel Sodjinou, qui, en refusant de parrainer le candidat désigné par son propre parti, Les Démocrates, ne fait pas que s’opposer à une décision ; il incarne une forme de protestation contre un système qui, à ses yeux, dénigre les principes fondamentaux de la démocratie interne et de la justice partisane.

Tout comme Zola, Michlel Sodjinou choisit de prendre un risque personnel et politique considérable pour défendre ce qu’il estime être un principe supérieur : la transparence, la consultation, et la démocratie au sein des partis politiques. Il rejette l'imposition d'un candidat, imposé sans débat véritable, sans que les membres du parti ne soient véritablement entendus. Ce geste, tout comme l’acte de Zola, doit être perçu non pas comme une simple dissidence, mais comme une dénonciation légitime et nécessaire d’un système politique qui fait fi des valeurs fondamentales de liberté, de transparence et de justice.

L’argument que l’acte de Sodjinou pourrait "fragiliser" le parti ou le rendre vulnérable face aux échéances électorales n’est pas sans fondement. En effet, la réalité politique du Bénin, comme celle de nombreux autres pays, veut que les partis politiques ne puissent pas fonctionner sans une certaine cohésion. Mais à quel prix cette cohésion ? À quel prix la suppression du débat interne, la réduction de la politique à une simple question de rapports de force, d’intérêts personnels et de stratégies électoralistes ? Michel Sodjinou, en refusant de se soumettre à ce processus qu’il juge injuste, rappelle que l’unité d’un parti ne doit pas être fondée sur le silence et la soumission, mais sur un véritable consensus, sur la conviction partagée de défendre les idéaux collectifs.

Tout comme Zola a dénoncé un système judiciaire corrompu, Sodjinou nous invite à réfléchir à la manière dont les partis politiques au Bénin, et ailleurs, sont aujourd’hui conçus. Lorsque des décisions sont prises en dehors des principes démocratiques et sans consultation des membres, nous nous éloignons de la politique telle qu’elle devrait être pratiquée, c’est-à-dire au service de l’intérêt général, de la justice et de l’équité.

Loin d’être une simple opposition à la ligne de son propre parti, l’acte de Sodjinou s’apparente à une prise de position pour la défense de la démocratie au sein du parti. Il incarne une démarche qui transcende l’opposition personnelle et va au cœur du problème de la démocratie interne. Loin d’être une "trahison", ce geste est une forme d'engagement, un appel à réformer et à repenser le système de désignation des candidats, afin qu’il soit plus transparent et plus respectueux des principes démocratiques qui doivent régir le fonctionnement des partis politiques.

Il est grand temps de s'interroger sur la manière dont nos partis politiques fonctionnent réellement. Faut-il continuer à accepter des décisions prises par quelques-uns, au mépris de la consultation des bases et des militants ? Faut-il que les désignations des candidats à des postes de pouvoir se fassent selon des critères d'opacité et de choix imposés, ou devons-nous mettre en place un système qui respecte les principes de démocratie et de justice, à tous les niveaux ?

En cela, l’acte de Michel Sodjinou, comme celui de Zola, est un appel à l’action et à la réflexion. Il ne s’agit pas d’une révolte sans cause, mais d’un acte profondément réfléchi et nécessaire pour rappeler aux membres de Les Démocrates et à tous les citoyens béninois qu’il est plus important que jamais de défendre l’éthique et la transparence en politique. Ce n'est pas un simple conflit interne au parti, mais une lutte pour la démocratie, pour la justice, et pour un avenir politique plus transparent et plus responsable.

Ainsi, en rejetant ce processus de désignation imposée, Sodjinou ne fait pas qu’affirmer son désaccord avec un choix personnel ; il rappelle que la démocratie n’est pas un concept abstrait, mais une réalité qui doit être vécue à chaque étape du processus politique, dans chaque décision, dans chaque action. Comme Zola le disait dans J'accuse, "C’est une question de vérité". Et aujourd’hui, au Bénin, la vérité, c’est que nous avons besoin d’une politique plus juste, plus démocratique et plus respectueuse des principes que nous prônons. Ce n’est qu’en nous engageant pour la transparence, la consultation et la justice que nous pourrons espérer construire un avenir politique digne de ce nom.

Fred Adriano HOUENOU.

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