Imelda BADA dénonce « l’hypocrisie » au sein de la mouvance présidentielle
Dans une lettre ouverte adressée au président Patrice TALON, Imelda BADA, vice-présidente de la diaspora MOELE-Bénin, interpelle avec force sur les dérives partisanes qui menacent, selon elle, l’esprit de la réforme du système partisan.
« Monsieur le Président, il est temps d’agir car l’hypocrisie mine votre propre camp », écrit Imelda BADA dans un texte d’une rare lucidité politique. Elle dénonce la décision de l’UPR de suspendre les adhésions en provenance du Bloc Républicain, une mesure qu’elle juge « marquée du sceau de l’hypocrisie ». Pour la vice présidente, « l’hypocrisie publique et la transhumance sélective sont les deux poisons qui menacent de ruiner le Nouveau Départ ».
Sa réflexion, à la fois critique et constructive, rappelle l’exigence de cohérence et de loyauté au sein de la majorité. Une voix qui s’élève pour défendre la sincérité de la réforme.
👉 Découvrez l’intégralité de sa lettre ouverte.
IMELDA BADA
Email : [imebada@gmail.com](mailto:imebada@gmail.com)
Téléphone : +336 05 75 70 15
Bordeaux, le 26 août 2025
À
Monsieur le Président de la République Patrice TALON,
Chef de la majorité présidentielle
Objet : Les pratiques sélectives et l’hypocrisie au sein de la mouvance présidentielle, menace pour la réforme du système partisan
Monsieur le Président, il est temps d’agir car l’hypocrisie mine votre propre camp.
La haute direction politique de l’Union Progressiste le Renouveau (UPR) a annoncé, ce 25 août 2025, la suspension provisoire de toute adhésion en provenance du Bloc Républicain. Cette décision, d’application immédiate, est présentée comme une mesure de discipline et de préservation des équilibres internes de la mouvance présidentielle. Mais qu’on ne s’y trompe pas, elle est marquée du sceau de l’hypocrisie. Car la mouvance présidentielle ne se réduit pas au seul BR ; elle est plurielle, composée aussi de MOELE-Bénin et de Renaissance Nationale. Il convient de rappeler, à cet égard, que l’UPR a récemment accueilli à grande pompe plusieurs militants de MOELE-Bénin dont les demandes de démission avaient été rejetées par le bureau politique et notifiées à tous les partis politiques. Pourquoi alors interdire la transhumance à sens unique ? Pourquoi cibler le Bloc Républicain et fermer les yeux sur les mêmes pratiques ailleurs ? Cette incohérence publique trahit l’esprit même de la réforme du système partisan.
À MOELE-BÉNIN, nous avons démontré à maintes reprises notre engagement rigoureux et exemplaire à appliquer cette réforme dans toute sa lettre. Ainsi, tout membre entrant au sein de MOELE-BÉNIN s’engage en pleine conscience à respecter un délai minimum d’une année avant de pouvoir quitter le parti. De même, aucune démission ne peut intervenir dans les six mois précédant une échéance électorale constitutionnelle. Cette rigueur institutionnelle illustre notre volonté de garantir la discipline, la loyauté et la cohérence au sein de notre mouvement, et de préserver la réforme du système partisan de toute interprétation opportuniste ou partiale.
Monsieur le Président, vous avez porté cette réforme comme l’un des plus grands chantiers de votre gouvernance. Vous l’avez voulue pour mettre fin à l’émiettement, à la transhumance opportuniste et aux compromissions stériles qui discréditaient notre démocratie. Mais, aujourd’hui, ceux qui se drapent de sa défense sont trop souvent ceux qui la détournent. Ils dénoncent les débauchages quand ils viennent d’ailleurs, mais les pratiquent eux-mêmes quand cela les arrange. Ils se proclament gardiens de la discipline, mais se permettent de contourner les règles qu’ils imposent aux autres. Voilà le cœur de l’hypocrisie : dire une chose en public et en faire une autre dans l’ombre.
Ce n’est pas seulement une incohérence politique ; c’est une trahison de votre vision, Monsieur le Président, et une insulte à l’intelligence du peuple béninois. Car l’hypocrisie publique et la transhumance sélective sont les deux poisons qui menacent de ruiner le Nouveau Départ. Elles minent la confiance entre alliés, en instaurant des règles à deux vitesses. Elles affaiblissent la discipline collective et installent la suspicion permanente dans la majorité. Elles ruinent, enfin, la crédibilité même de la réforme aux yeux des citoyens, qui ne tolèrent plus ces passe-droits.
Vous l’avez dit, Monsieur le Président, le pacte anti-agression est une condition essentielle de la survie de la majorité présidentielle. Mais ce pacte n’a de sens que s’il est équitable et universel. Lorsqu’il s’applique uniquement contre le Bloc Républicain et non contre toutes les forces de la mouvance, il cesse d’être un pacte. Il devient une manœuvre politicienne. L’UPR croit protéger sa maison, mais en réalité elle fracture la majorité et met en lumière une hypocrisie publique qui fragilise tout l’édifice.
Monsieur le Président, l’heure de vérité a sonné. Le peuple béninois n’est pas dupe. Il voit bien que certains brandissent la réforme comme un bouclier, mais l’utilisent comme une arme sélective contre leurs rivaux. Vous seul avez l’autorité pour trancher. Vous seul pouvez rappeler à l’ordre ceux qui dénaturent cette réforme au profit de leurs calculs. Vous seul pouvez imposer la cohérence nécessaire, en exigeant que la discipline s’applique à tous les alliés, sans exception ni privilège.
L’histoire retiendra si vous avez laissé prospérer l’hypocrisie ou si vous avez imposé la cohérence. La mouvance est plurielle — UPR, BR, MOELE-Bénin, Renaissance Nationale — mais elle ne doit pas devenir une jungle où chacun dicte ses propres règles. La réforme du système partisan n’est pas divisible. Elle ne peut être appliquée ici et contournée là.
Monsieur le Président, il est temps de rappeler à tous que la loyauté ne se négocie pas, que la discipline n’est pas facultative et que la réforme n’admet aucun passe-droit. MOELE-BÉNIN reste fidèle à cette exigence et invite tous les acteurs de la majorité à faire de même. Et moi, j’affirme au nom de tous ceux qui croient à la sincérité du Nouveau Départ qu’une réforme sélective n’est pas une réforme, et une loyauté conditionnelle n’est pas une loyauté.
Pour assurer la continuité de la dynamique, pour la vérité et pour l’honneur de la majorité présidentielle, je reste vigilante et résolument engagée à défendre la réforme, jusqu’au dernier souffle de mon engagement.
Imelda BADA
Vice-Présidente Coordonnatrice Diaspora MOELE-BÉNIN

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