Afrique : entre rêves d’unité, réalités du pouvoir politiques et impuissance des dirigeants, l'IAJP relance le débat à Cotonou

Pour sa première conférence du 3e trimestre de l'année, l'Institut des Artisans de Justice et de Paix (IAJP) a convié jeudi dernier intellectuels, cadres de la République, chercheurs et des des participants de différentes catégories socio-professionnelle. "La souveraineté du pouvoir politique en Afrique : entre unité africaine et impuissance des dirigeants africains", c'est sur me thème qui a servi d'exposé suivi d'analyse pour le conférencier, le Pr. Nassirou Bako Arifari.

Le Père Arnaud Éric Aguénounon, directeur de l’IAJP, a lancé les échanges en soulignant l’importance du rassemblement : "nous puissions repartir vers nos différents chemins… avec de nouveaux ingrédients. Et surtout avec beaucoup de motifs d’espérance" a-t-il laissé entendre dans son mot d'ouverture de la conférence. Il a précisé que l'institut ambitionne stimuler la culture démocratique, sociétale et étatique dans le cœur des béninois.

        L’ancien ministre des Affaires étrangères, le Pr. Nassirou Bako Arifari, s’est appuyé sur son expérience pour analyser les paradoxes de la souveraineté africaine. Dans un examen lucide, il estime que l’Afrique porte un idéal d’unité, sans jamais le concrétiser. Pire, certains dirigeants pratiqueraient une "auto-incapacitation […] par eux-mêmes pour des raisons politiques, à vouloir accélérer la réalisation de l’unité, y compris en acceptant volontairement de renoncer à certains de leurs attributs de souveraineté…"

Pour le conférencier, "la souveraineté dans le contexte africain contemporain apparaît comme une affirmation normative ou une donnée politico-juridique revendiquée plutôt qu’une réalité prédominante". Une souveraineté plus théorique que réelle, bloquée par des contraintes qui la neutralisent, voire la banalisent.

L'unité africaine reste donc "une utopie fonctionnelle". Autrement dit un idéal qui, malgré l’indifférence des dirigeants, produit des effets tangibles. Il encourage à reconnaître cette utopie comme point d’ancrage utile : " Il faut se satisfaire tout au moins de leur existence, quitte à travailler pour leur amélioration. Arrêtons de nous auto‑flageller mais je travaillons ensemble pour trouver les voies et moyens pour avancer" a-t-il fait savoir.

Le débat a mis en lumière une tension fondamentale. Les États africains revendiquent une souveraineté totale, mais en refusent ses implications les plus fédératrices.

L'abbé Arnaud Éric AGUENOUNON, Directeur de l'IAJP a conclu en rappelant l’enjeu citoyen qui est de faire faire de la souveraineté un instrument de solidarité et non un bouclier nationaliste. Rappelons que les échanges étaient enrichissante et porteur d’espérance pour le Bénin et l'Afrique.

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