24e Symposium de l’IAJP : Penser des élections apaisées pour préserver l’unité nationale
À l’ouverture du 24ᵉ symposium de l’Institut des Artisans de Justice et de Paix (IAJP), autorités politiques, religieuses, universitaires et partenaires internationaux ont appelé à une démocratie réellement participative, transparente et capable de renforcer la cohésion sociale.
Cotonou a accueilli ce vendredi l’ouverture du 24ᵉ symposium de l’Institut des Artisans de Justice et de Paix (IAJP), placé sous le thème : « Élections pacifiques, alternance politique et cohésion sociale : gages de l’unité nationale. » Une rencontre qui intervient dans un contexte où les débats sur la qualité des processus électoraux et la consolidation de la paix sociale demeurent au cœur des enjeux nationaux.
Invité à l'ouverture de ce symposium, le Président Théodore HOLO, ancien président de la Cour constitutionnelle et figure intellectuelle de référence, a insisté sur la nature vivante de la démocratie : « La démocratie n’est pas que représentative… Elle est aussi participative », a-t-il martelé, invitant les participants à « réfléchir à créer des conditions d’une élection transparente ». Un appel clair à renforcer l’implication des citoyens à toutes les étapes du processus électoral, au-delà du simple dépôt de bulletins dans l’urne.
Un appel spirituel et mémoriel pour préserver la paix
C'est Mgr Aristide GONSALLO, Président de la Commission Justice et Paix de la Conférence Épiscopale du Bénin, qui a officiellement lancé les travaux. Dans une allocution empreinte de gravité, il a invoqué la guidance divine en ces termes : « Que Dieu même vous éclaire. » Il a toutefois rappelé les puissants mots puissants de Mgr Isidore de Souza, artisan majeur de la Conférence nationale de 1990 : « Qu’aucun bain de sang ne nous éclabousse et ne nous emporte dans ses flots. » Un rappel historique dont la portée résonne fortement dans le contexte actuel de tensions politiques latentes.
Un moment pour questionner la pratique démocratique
Pour le Père Éric AGUENOUNON directeur de l’IAJP, ce symposium représente " une halte pour questionner notre l'application démocratique". « Que l’Esprit-Saint vous éclaire et féconde vos réflexions », a-t-il déclaré à l'entame de ces moments de réflexion.
Partenaire fidèle des initiatives de l’IAJP, la Fondation Konrad Adenauer, représentée par Stéfanie BRINKEL a souligné les limites d’une perception strictement procédurale de la démocratie. Ce symposium «nous rappelle que la démocratie ne se limite pas au vote… », a-t-elle affirmé. Elle invite à réfléchir à des élections qui nourrissent réellement le vivre-ensemble. « Comment faire de chaque élection des gages d’unité nationale ? », entre autre question qui selon la représentante de la fondation KAS, interpelle l’ensemble des acteurs présents.
Des débats porteurs d’espoir
Ce 24ᵉ symposium s’ouvre donc sous le signe de l’introspection nationale et de la responsabilité collective. Les voix religieuses, universitaires et diplomatiques convergent vers une même exigence : celle d’une démocratie apaisée, inclusive et transparente, seule capable de préserver l’unité nationale. Les débats annoncés promettent de nourrir les recommandations nécessaires pour renforcer la cohésion sociale et garantir des scrutins réellement pacifiques au Bénin.

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